Elda Andreoli, Andrea Troiani, Valentina Tucci, Gina Barlafante, Francesco Cerritelli, Gianfranco Pizzolorusso, Cinzia Renzetti, Daniele Vanni, Andrea Pantalone, Vincenzo Salini | Année 2014

Traitement manipulateur ostéopathique du pied bot varus équin : une étude de cas

Pathologie:

Pied bot varus équin

Type d'étude:

Étude de cas

Date de publication de la recherche:

01-01-2014

Image

But de l'étude

  • Objectif : démontrer la possible utilité de l’OMT, combiné à deux séries de plâtres aux jambes, en cas de pied bot varus équin
  • Critères d’évaluation mesurés : degré de gravité du pied bot varus équin par système Dimeglio.

Intervenants

  • Nombre : 1
  • Description : nourrisson de 12 jours, avec pied bot varus équin sur membres inférieurs. Née à terme à 39 semaines de gestation, par voie basse et sans complication durant la grossesse ni aucune maladie détectée à la naissance. Sa mère, âgée de 35 ans, en est à sa troisième grossesse ; elle prend de la vasosuprine en raison de contractions prématurées  de l’utérus (à 20 semaines de gestation). Elle ne fume pas, ne boit pas d’alcool. Aucun des deux parents – le père étant âgé de 33 ans – n’a de troubles génétiques ou congénitaux, ni d’antécédent de maladies au cours de sa vie.
    La première visite orthopédique a lieu au bout de 12 jours, au cours de laquelle l’orthopédiste évalue la mobilité (ROM : range of motion) des pieds et, via le système Dimeglio pour l’évaluation du pied bot varus équin, il prononce un score de 13 points pour le pied droit et 14 points pour le pied gauche. Ce qui indique un important degré d’anomalie anatomique.
    Suite à quoi, le chirurgien applique un plâtre aux deux jambes en partant du genou vers le haut, sans avoir recours à l’anesthésie et en utilisant le moins de force possible, en vue d’encourager les processus d’autorégulation du corps. L’enfant garde les plâtres pendant 8 jours et au 20ème jour de vie, ses pieds présentent une amélioration – mais aucune visite goniométrique n’est effectuée. Pourtant, une deuxième série de plâtres est réalisée, avec une force minime. Une troisième visite est établie à 33 jours.
    Pendant ce temps, l’enfant est examinée et traitée par un ostéopathe.

Interventions et évaluations

  • Évaluation et traitement à l’âge de 5, 10, 17 et 24 jours
  • Séquence, dose et fréquence du traitement laissées à la discrétion de l’ostéopathe.
  • OMT :
    • Évaluation des dysfonctionnements somatiques au niveau des : cervicale, base crânienne, côtes, diaphragme, colonne thoraco-lombaire, sacrum, tibia et hanches (les hanches uniquement lors des deux premières séances en raison de la présence des plâtres lors des prochaines séances)
    • Techniques de relâchement myofascial indirect au vu de l’évaluation de plusieurs facteurs : âge de l’enfant, sécurité, conditions physiques (soit présence de plâtres) et expériences avec les techniques

Résultats

À l’âge de 33 ans, autrement dit lors de la troisième visite orthopédique, l’enfant présente une totale correction du pied bot varus équin au niveau des deux jambes. Elle a également récupéré sa mobilité. Dès lors, on ne remet pas d’autre plâtre ni d’orthèse.
L’enfant est ensuite soumise à un follow-up de 18 mois, au cours duquel aucune autre déformation n’apparaît.

Commentaires

Combinée à l’application de deux séries de plâtres, l’OMT semble favoriser la correction du pied bot varus équin chez cette enfant. Les techniques destinées à favoriser le relâchement des contractions faciales peut effectivement avoir généré d’importants effets anti-inflammatoires et neuroendocriniens.

Le fascia est un tissu qui entoure les organes, muscles, os et vaisseaux sanguins. Ainsi il peut fortement influencer leur développement et leur formation, et donc leur mécanique et leur physiologie. À ce propos, les techniques de relâchement myofascial utilisées sont destinées au fascia mais aussi aux muscles, ligaments, tendons et cartilages. Agir sur ces dernières structures de collagène, d’un point de vue orthopédique, est essentiel pour encourager le repositionnement des structures du pied.

Le pied bot varus équin est une condition particulière, non seulement en raison des répercussions qu’il peut avoir sur le développement sensorimoteur, mais de par sa nature : aujourd’hui, son étiologie n’est pas vraiment connue, et les systèmes de diagnostic existants ne sont pas universellement partagés. Par ailleurs, au vu de la complexité anatomique du pied et des hanches, il n’existe pas de protocole standardisé quant au traitement. Cependant il y a plusieurs approches incluant physiothérapie intensive, plâtres, orthèses ainsi que la chirurgie. Il faut également considérer la possibilité d’une rechute à long terme.

Au cours de cette étude, l’absence d’effets indésirables est intéressante ainsi que le fait que les parents n’aient pas besoin d’introduire la thérapie ostéopathique à domicile. De plus, les séances ostéopathiques durent moins que le prévoit la moyenne d’un programme classique de physiothérapie (6 semaines).

La critique Osteopedia

Par Marco Chiera

Forces : probablement la première étude sur OMT (mais également d’autres approches complémentaires) et pied bot varus équin ; bonne description de l’état du membre sur pied bot varus équin ; examen du follow-up

Limites : comme toute étude de cas, celle-ci est difficilement généralisable.

Vous êtes ostéopathe?

Inscrivez-vous et profitez des avantages de l'adhésion. Créez votre profil public et publiez vos études. C'est gratuit!

S'inscrire maintenant

Ecole ou organisme de formation?

Inscrivez-vous et profitez des avantages de l'adhésion. Créez votre profil public et publiez vos études. C'est gratuit!

S'inscrire maintenant

Vous souhaitez devenir ostéopathe? Êtes-vous étudiant?

Inscrivez-vous et profitez des avantages de l'adhésion. Créez votre profil public et publiez vos études. C'est gratuit!

S'inscrire maintenant