John M. Lavelle, Mark E. McKeigue | Année 2009

Dysfonctionnement musculosquelettique et pied tombant : diagnostic et gestion faisant appel à l’OMT

Pathologie:

Pied tombant

Type d'étude:

Étude de cas

Date de publication de la recherche:

01-12-2009

Image

But de l'étude

  • Objectif : montre l’utilité de l’OMT en cas de pied tombant
  • Critères d’évaluation mesurés: évaluation des symptômes

Intervenants

  • Nombre: 1
  • Description: homme, 47 ans. Il se rend aux urgences en traînant de manière évidente le pied gauche. Il déclare ne pas pouvoir le soulever. Il ne subit aucun trauma mais précise avoir conduit pendant 5 heures d’affilée la nuit précédente avec la jambe pliée la plupart du temps (la voiture a la boîte à vitesses automatique). En sortant de la voiture, il a effectivement senti un engourdissement et fourmillement et, le matin suivant, il ne parvient pas à soulever le pied gauche. Le patient indique n’avoir jamais connu de pareils épisodes. Il n’a pris aucun analgésique, tandis que le stretching musculaire ne le soulage pas.
    Le patient ne présente aucun antécédent de diabète, ni problèmes musculaires, neurologiques, ni vasculaires bien qu’il démontre de l’hypertension et hypercholestérolémie gérées par lisinopril et atorvastatine. Il ne fume pas et n’est pas hypersensible.
    L’examen médical fait le portrait d’un homme en bonne santé physique avec des signaux vitaux stables et sans changement niveau du coeur, des poumons et de l’abdomen. Le rythme cardiaque dans les membres inférieurs et supérieurs est normal. Toutefois, on dénote une force motrice de 1 sur 5 en ce qui concerne la dorsiflexion et l’éversion de la cheville. De plus, il n’y a pas de sensation au toucher léger ni au test de discrimination entre deux points au niveau des dermatomes L5 et S1. Les réflexes tendineux profonds montrent une intensité de 1 sur 4 pour les tendons d’Achille et patellaire de la jambe gauche, et de 2 sur 4 pour la jambe droite.
    L’évaluation ostéopathique relève : un dysfonctionnement à la tête postérieure gauche du péroné avec douleur à la palpation du nerf péronier commun ; biceps fémoral rigide avec tender point au niveau des muscles postéro-latéraux de la cuisse bilatéralement ; muscle du psoas grand et petit hypertoniques bilatéralement.
    Le diagnostic établit un pied tombant secondaire à compression du nerf péronier commun à cause du dysfonctionnement de la tête postérieure du péroné.

Interventions et évaluations

  • Évaluation des symptômes avant, après traitement et le jour suivant.
  • 1 séance d’OMT de 15 minutes.
  • OMT : techniques myotensives sur le psoas, sur les muscles postérieurs de la cuisse et techniques articulaires profondes (pendant 1 minute) pour la tête du péroné.

Résultats

Lors des techniques articulaires, le patient ressent une gêne ainsi que la sensation de « fourmillement et de réchauffement » du pied. Après le traitement, le patient présente une amélioration sensorielles sur le dos du pied et une force motrice de 4 sur 5 pour le pied en dorsiflexion, lui permettant de marcher tranquillement.
Le jour suivant, le patient appelle l’ambulance pour dire qu’il a récupéré son ROM (range of motion), sa force et ses sensations dans le pied gauche. On lui recommande de faire de l’exercice avec des élastiques pour renforcer les muscles de la cheville gauche.

Commentaires

L’OMT se montre en capacité à résoudre une situation de pied tomber grâce aux techniques sur les muscles psoas, les muscles postérieurs de la cuisse et l’articulation du péroné.

Ce résultat est très probablement dû au fait que la cause des symptômes du patient soit une compression du nerf péronier commun par la tête du péroné, « mise en traction » postérieurement par un biceps fémoral en contraction.

Il est intéressant de voir la façon dont la disparition du problème, après une courte session d’OMT, évite de recourir à d’autres types de diagnostics (ex : test de laboratoire, radiographie, étude de conduction nerveuse) ou aux traitements potentiellement coûteux et invasive d’autre type (ex : orthèse à la cheville, blocage des racines nerveuses, transposition tendineuse).

Cette étude de cas souligne l’importance pour les ostéopathes de connaître l’anatomie à la perfection.

La critique Osteopedia

Par Marco Chiera

Forces : c’est probablement le premier cas concernant l’utilité de l’OMT en cas de pied tombant ; démonstration de l’utilité de l’OMT dans une situation de pied tombant sévère pour compression du nerf péronier commun, résultat à approfondir car, s’il est confirmé, comme le disent les auteurs, on obtient une thérapie qui permet d’éviter des procédures de diagnostics complémentaires et traitements potentiellement coûteux, invasive et demandant du temps.

Limites : comme toute étude de cas, celle-ci est difficilement généralisable ; absence de follow-up pour vérifier le rétablissement effectif du patient.

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