Caitlin Jackson, Brian Loveless | Année 2020

Usage de la médecine manipulatrice ostéopathique dans la gestion de mammite récurrente

Pathologie:

Mammite récurrente

Type d'étude:

Étude de cas

Date de publication de la recherche:

01-12-2020

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But de l'étude

  • Objectif : rapporter l’utilité du traitement manipulateur ostéopathique (OMT) dans la résolution d’un cas de mammite récurrente
  • Critères d’évaluation mesurés : intensité de la douleur selon Visual Analog Scale (VAS) de 0 à 10 et rapport des symptômes

Intervenants

  • Nombre: 1
  • Description : femme de 34 ans avec 6 grossesses et 3 fils. Elle connaît 5 épisodes de mammite au sein gauche dans les 6 mois précédents, tous traités par plusieurs cycles d’antibiotiques.
    La mammite est diagnostiquée pour la première fois 21 jours après le dernier accouchement (elle n’a pas eu de problèmes durant les précédents accouchements) : suite à quoi elle alterne les soins à base d’amoxicilline, céphalexine, triméthoprime/sulfaméthoxazole – induisant un rash cutané – dicloxacilline, ceftriaxone, amoxicilline/clavulanate de potassium où les symptômes de rougeur, engourdissement, fièvre, frissons et douleurs musculaires, tendent à se résorber au long des soins, pour réapparaître quelques jours à la fin desdits soins.La culture microbienne de son lait souligne la présence de Streptococcus du groupe A. Par peur de contaminer son enfant de 7 mois, la patiente est disposée à le sevrer, d’autant plus qu’au cours des dernières semaines elle n’allaite plus directement au sein mais utilise le tire-lait. Lors de la première visite ostéopathique, elle termine la moitié du dernier cycle d’antibiotiques, présente peu de rougeurs et de douleurs, ne souffre pas de douleurs musculaires et tire son lait (30 grammes à chaque fois).

    L’évaluation ostéopathique vise à mettre en évidence les zones de restriction des fascias, de douleur et avec basse mobilité. Apparaissent, en particulier, l’endolorissement au sein gauche, restriction des fascias vers le quadrant médian inférieur, restriction dans le passage du thoraco-brachial gauche, dans le pectoral gauche, dans l’aisselle gauche et dans la mobilité du diaphragme thoracique gauche pendant l’inspiration.

Interventions et évaluations

  • 2 sessions d’OMT appliqué aux régions thoraciques et abdominales, utilisant des techniques de relâchement myofascial dédiées au sein, au fascia pectoral, à la scapula et au diaphragme thoracique, techniques d’équilibrage ligamentaire dans le passage thoraco-brachial et techniques de drainage lymphatique
  • on enseigne à la patiente comment exécuter un automassage basé sur les techniques de relâchement myofascial

Résultats

Lors de la seconde visite ostéopathique (1 semaine après la première), elle éprouve un engourdissement au niveau du sein gauche suite à la nuit passée, avec un peu de rougeur et de douleur.
Après la seconde visite, la patiente décide avec l’ostéopathe qu’elle patienterait en observant l’évolution des symptômes et contacterait son médecin traitant en cas d’aggravation des symptômes, de fièvre ou autres symptômes spécifiques qui justifierait la consommation d’antibiotiques.
6 mois après la seconde visite, la patiente appelle pour signaler l’absence de nouvelles infections : elle indique avoir assez de lait pour l’enfant et reprend effectivement l’allaitement.

Au moment de l’écriture de l’article, 1 an après la seconde visite ostéopathique, la patiente n’est plus sujette à d’autres épisodes de mammite et parvient encore à l’allaiter au sein sans problème quand l’enfant le réclame.

Commentaires

Face aux résultats décrits, il faudrait donc des essais contrôlés randomisés pour déterminer si l’OMT s’avère réellement utile dans la gestion des épisodes de mammite récurrente chez les femmes qui allaitent encore au sein.

Des études similaires sont particulièrement importantes car, bien que des organisations telles que l’OMS indiquent la nécessité d’attendre avant de prendre des antibiotiques en cas de mammite, de se tourner plutôt vers le tirage à lait, un changement du régime alimentaire, l’application de chaud ou froid ainsi que la prise d’analgésiques par voie orale, souvent ces interventions ont des effets légers et on a recours aux antibiotiques.

La critique Osteopedia

Par Marco Chiera

Forces: il s’agit de la seule (et peut-être bien première) étude disponible sur Pubmed démontrant l’utilité de l’OMT dans le traitement des mammites récurrentes ; compte tenu de l’augmentation de l’incidence de la mammite et l’urgence de l’antibiorésistance, avoir des thérapies non-antibiotiques présentant une telle efficacité s’avère fondamentale pour le système sanitaire ; l’étude insiste sur l’importance d’enseigner au patient de simples techniques afin qu’il puisse se gérer soi-même, augmentant di fatto le sentiment de contrôle qu’il a sur sa propre condition.

Limites : il faut des essais contrôlés pour mieux comprendre l’efficacité de l’OMT en cas de mammite, les mécanismes sous-jacents à son action et les éventuels effets indésirables. Ces études devraient faire le point notamment sur l’efficacité de l’OMT comme alternative ou comme aide aux antibiotiques.

On ne peut pas exclure que le problème de la mammite ne soit déjà en phase de résolution avant de recevoir l’OMT.

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