Agustín Luceño-Mardones, Irene Luceño-Rodríguez, Elena Sonsoles Rodríguez-López, Jesús Oliva-Pascual-Vaca, Ignacio Rosety, Ángel Oliva-Pascual-Vaca | Année 2021

Effets de la manipulation ostéopathique des vertèbres T9-T10 pour soigner l’amygdalite, un essai randomisé contrôlé

Pathologie:

Amygdalite

Type d'étude:

Essai contrôlé randomisé

Date de publication de la recherche:

01-04-2021

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But de l'étude

  • Objectif : déterminer si la manipulation des vertèbres T9-T10 améliore la progression de l’amygdalite
  • Critères d’évaluation mesurés:
    • Principal : durée de l’amygdalite (en jours)iorni)
    • Secondaires : épisodes d’amygdalite et effets indésirables

Intervenants

  • Nombre :120 personnes (70 femmes et 50 hommes)
  • Critères d’inclusion : âge 3-65 ans, présentant une amygdalite diagnostiquée comme aiguë ou récurrente depuis moins de 48 heures, ou bien présentant une amygdalite chronique en phase symptomatique
  • Critères d’exclusion: personnes vaccinées ou traitées avec des médicaments immunomodulateurs pendant les trois ans précédant le recrutement; présence de pharyngite ou adénoïdite sans amygdale palatine (autrement dit ayant subi une ablation des amygdales); traitement par antibiotiques juste avant l’apparition de l’amygdalite; personnes ne laissant pas leurs coordonnées pour être recontactées; personnes présentant des contre-indications au traitement rachidien (ostéoporoses, tumeurs actives, chirurgie rachidienne, fractures des vertèbres, maladies rhumatismales aiguës, tuberculoses actives, grossesse, infections en place dans les vertèbres ou dans les disques intervertébraux, sténose dans le canal dorsal, maladies hémorragiques, ou récentes thromboses dans les veines profondes)
  • Groupes d’étude : deux groupes obtenus par randomisation
    • Groupe 1 : OMT, 80 personnes (47 femmes et 33 hommes, moyenne d’âge 23 ans)
      • 14 sont exclues par l’analyse du nombre d’épisodes d’amygdalite au cours de l’année suivante
    • Groupe 2 : traitement fictif (sham), 40 personnes (23 femmes et 17 hommes, moyenne d’âge 25 ans)
      • 5 sont exclues par l’analyse du nombre d’épisodes d’amygdalite au cours de l’année suivante

Interventions et évaluations

  • Questionnaire initial pour recueillir les informations concernant: l’âge, le sexe, la saison de l’année, degré d’hypertrophie des amygdales, l’usage des AINS, paracétamol ou antibiotiques, épisodes d’amygdalite au cours des deux années précédant l’étude, éventuelles ablations des amygdales planifiées pour résoudre l’amygdalite, présence de fièvre, odynophagie, toux, amygdalite pultacée, mucus dans les précédents jours, douleurs auriculaires, infection, voix nasale habituelle, voix nasale pendant l’épisode d’amygdalite, ronflement habituel, ronflement pendant l’épisode d’amygdalite, adénites de plus de 2cm
  • La durée des amygdalites en jours et le nombre d’épisodes d’amygdalites obtenus pendant l’année suivante sont recueillis par entretien téléphonique. La durée est recueillie 7 jours après le traitement, tandis que le nombre d’épisodes d’amygdalites l’est par le biais d’appels mensuels
  • 1 session de thérapie appliquée juste après le recrutement et dans les 48 heures suivant le début de l’épisode d’amygdalite
  • Tous les patients poursuivent les traitements pharmacologiques en cours (ex : AINS et/ou antibiotiques)
  • OMT : techniques à haute vélocité basse amplitude (HVBA ou thrust) appliquées aux vertèbres T9-T10 avec le patient en position assise, les bras croisés et les genoux de l’ostéopathe au contact desdites vertèbres
  • Traitement sham : prudente flexion passive de 150° des épaules, avec un léger contact des genoux de l’ostéopathe sur les vertèbres thoraciques, sans poussées ou autre stimuli

Résultats

  • Critère d’évaluation principal : chez les adultes l’OMT facilite davantage la résolution des amygdalites en moins de 48 heures, ainsi qu’une réduction de la durée moyenne de l’amygdalite par rapport au traitement sham. Chez les enfants des résultats similaires sont obtenus, mais sans grande différence entre OMT et le traitement sham.
  • Critères d’évaluation secondaires : chez les enfants et les adultes, l’OMT favorise une réduction du nombre d’épisodes d’amygdalites au cours de l’année suivant le traitement : moins d’un épisode par an pour le groupe ayant bénéficié de l’OMT contre 2 épisodes dans l’année pour le groupe ayant reçu le traitement sham. Ni l’OMT, ni le traitement fictif (sham) ne causent d’effets indésirables.

Commentaires

Considérant que les épisodes d’amygdalites se multiplient dans le temps – en moyenne, toutes les personnes recrutées connaissent plusieurs épisodes d’amygdalites l’année précédant l’étude comparativement à deux ans plus tôt – le résultat obtenu avec l’OMT paraît particulièrement prometteur, au vu de sa brièveté soit une seule séance.

Chez les adultes l’OMT aide à résoudre l’amygdalite en peu de temps – moins de 48 heures, voire moins de 24 heures – alors que dans le groupe sham plus de la moitié des personnes a besoin de plus de 48heures pour guérir, dont 1 personne sur 4 ne notant pas d’amélioration au cours des premières 14heures suite au sham. En d’autres termes, 2 personnes sur 3 traitées par l’OMT ne subissent plus d’épisodes d’amygdalites au cours de l’année suivant le traitement, tandis que bien 4 personnes sur 5 du groupe sham en souffrent encore.

L’OMT réduit également le recours à l’ablation des amygdales: bien 5 ablations des amygdales sont évitées (par rapport à 1 dans le groupe sham). Ceci pourrait bien indiquer l’OMT comme éventuelle pratique non invasive à laquelle recourir avant de procéder à une ablation des amygdales (étant, entre autres, une des interventions conseillées plus par habitude que par réelle nécessité).

À  ce propos, les manipulations des vertèbres thoraciques peuvent être plus sures que les manipulations classiques des vertèbres cervicales utilisées en cas d’amygdalites, surtout chez les enfants. Puisque les vertèbres T9-T10 innervent les glandes surrénales, lesquelles relâchent le cortisol dans le sang – une des principales hormones anti-inflammatoires de notre corps – les auteurs supposent que l’OMT pourrait agir via cette voie.

En d’autres termes, les techniques HVLA sur les vertèbres T9-T10 pourraient stimuler les glandes surrénales afin de libérer le cortisol qui, une fois dans le sang, pourrait arriver jusqu’aux amygdales afin de réduire l’inflammation.

NB : la résolution rapide des épisodes courants d’amygdalites ainsi que la réduction du nombre d’épisodes dans le groupe sham pourraient être dues à l’effet placebo. Cet effet pourrait aussi avoir agi sur le groupe OMT. Des analyses plus approfondies dans ce sens sont donc nécessaires.

La critique Osteopedia

Par Marco Chiera

Forces : l’évaluation d’une technique spécifique peut contribuer à une meilleure compréhension de son utilité ; l’évaluation de divers paramètres liés à l’amygdalite (durée, nombre d’épisodes, nombre d’ablations des amygdales).

Limites : le nombre d’enfants ou adultes n’est pas spécifié, seulement la moyenne d’âge. Puisque le nombre d’épisodes d’amygdalites est mesuré par entretien téléphonique, les personnes peuvent avoir sous-estimé ou bien surestimé le nombre effectif, d’autant plus que la mémoire peut parfois nous jouer des tours. Au cours de l’année suivant le traitement, les personnes ont pu recourir à des interventions particulières, appliqué des changements dans leur style de vie ou autre facteur susceptible d’influencer la récurrence (ou non) de l’amygdalite. Et cet ensemble de donnée n’est pas enregistré.

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